Galerie Martagon

En 2010, notre programmation s’articule autour de propositions d’artistes qui s’expriment de manières très graphiques, humour corrosif, grotesque et kitsch voisinent avec des productions minimales où se rencontrent des artistes permanents : Sylvie Maurice, Pip Culbert, Bill Culbert, Jean-Claude Guillaumon et de jeunes artistes émergents comme Frédéric Guinot et Karim Ghelloussi.

Décembre 2010 de la trace à la tache exposition de dessins réalisée en collaboration avec la galerie Annie Lagier de l’Isle sur Sorgue rassemblera une sélection d’artistes des 2 galeries dont le travail s’inscrit dans ce thème : Michel Barjol, Max Charvolen, Sandra D.Lecoq, Franck Lestard, Gérald Panighi, Etienne Pressager, Pascal Simonet, Jean-Luc Verna, Claude Viallat...




Pip Culbert - Bill Culbert - Jean-Claude Guillaumon


Photographies + installations

du 16 Octobre au 14 Novembre 2010

Vernissage le samedi 16 octobre

Pip Culbert

Si l’on considère que le principe d’invertion est l’art de jouer de paradoxes,l’oeuvre développée par Pip Culbert l’incarne alors à la perfection. Ses formes spectrales vidées de leur contenu (comme dissoutes puis recomposées) en même temps que tirées à quatre épingles, sont esquissées à partir d’un informe (au sens privatif) laissant échapper la présence muette du vêtement et du corps en négatif. Concevoir une nouvelle généalogie de formes ; remodeler l’épure du vêtement à partir de la disparition : bouleverser les limites établies ; renverser la notion de négativité afin d’en libérer des sortes de fictions subjectives, tel est le défi lancé à l’étrangeté apprivoisée du monde, pour mieux nous la faire partager. A-t-on dit l’essentiel ? Cette oeuvre dit tout cela, apparemment très simplement...

Extrait de Pip CULBERT - Exercice de soustraction de Patricia BRIGNONE


Bill Culbert

Bill Culbert est né en 1935 en Nouvelle-Zélande. En 1961, il s’installe dans le Lubéron et partage depuis son temps entre la Provence, Londres et la Nouvelle-Zélande. Ces allers-retours ont influencé sa pratique, autant par les éléments constitutifs de chaque lieu où il peut facilement trouver les matériaux propres à sa pratique. Le travail de Bill Culbert associe la lumière et la photographie et fait référence à l’énergie, naturelle ou électrique à travers l’utilisation des matériaux de rebus et de récupération. Son goût pour les objets incongrus, les déplacements de champs, les associations d’objets et d’idées donnent vie à des arrangements étranges, poétiques et souvent jubilatoires.

Observateur avisé d’une réalité parfois surprenante Bill Culbert décide de mettre en scène certains évènements auxquels l’oeil ne prête plus garde. La mise en évidence de certaines illusions optiques s’articule souvent autour d’objets de récupération. Mais le fil conducteur de son travail reste l’attrait pour ces phénomènes magiques déclenchés par la lumière.

La lumière comme instrument

A la fin des années 60 Bill Culbert passe de la peinture à la lumière. Franchir ce pas s’impose logiquement à lui du fait de son observation des phénomènes lumineux et de leur impossible appropriation, selon lui, par la peinture. L’artiste photographie des objets de récupération qui constituent des instruments ou des supports déclencheurs d’illusions optiques surprenantes. Il n’ invente pas l’artifice visuel mais le met simplement en situation, le souligne. Son travail se construit également autour d’installations utilisant des éléments luminescents tels que des néons. En associant la lumière aux objets de récupération (tables, chaises, outils, portière de 2CV, etc) il accentue le contraste entre la matérialité "crasseuse" de l’objet et l’aspect "propre" de la lumière. En ce sens il rejoint l’intention d’autres artistes de la Nouvelle Sculpture Anglaise (Mach, Cragg, Woodrow, ...) qui réutilisent des débris industriels pour mettre l’accent sur un contexte économique surproducteur de biens et de donc de déchets.


Jean-Claude Guillaumon

Jean-Claude Guillaumon ne connaît qu’un seul sujet : Jean-Claude Guillaumon, quelquefois accompagné de ses proches, mais le plus souvent seul. Il se photographie tous les jours et pratique volontiers la citation, comme c’est le cas dans l’oeuvre présentée. Malgré l’humour qui imprègne ces photographies, qui sont en même temps un clin d’oeil ironique à l’oeuvre du célèbre peintre anglais et un pastiche de certaines photographies de performances, on ne peut s’empêcher de frémir devant la tendance obsessionnelle et narcissique de la démarche. S’il est vrai que la majorité des grands peintres se sont volontiers livrés aux joies graves de l’autoportrait, avec le précédent considérable de Rembrandt, le choix de ce genre comme unique préoccupation soulève de manière hyperbolique toutes les questions qui peuvent en ressortir. Par exemple, le fait que la plupart du temps, on peut observer que le regard du peintre dans l’autoportrait est légèrement décalé. Ce fait s’explique aisément : pour se peindre soi-même, il faut avoir recours au miroir. Cependant, pourquoi un tel respect du sujet et de sa posture, alors qu’il est simple de rectifier la direction des yeux ? En utilisant la photo, Jean-Claude Guillaumon réactualise le problème, car il faut bien imaginer que lorsqu’on se photographie ainsi, on ne se regarde pas, et que toutes les mises au point s’effectuent sur un sujet absent.