Galerie Martagon

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Lina Jabbour



Mon travail a toujours questionné les notions de voyage et de déambulation. Depuis dix ans, je photographie les villes que je traverse, à la rencontre de situations hasardeuses et de bâtiments qui m’interpellent. C’est une observation dans un temps qui m’est propre et sur lequel je porte un regard qui évoque un autre regard potentiel.

Au départ, il en a découlé, par des mises en scènes simples, une confrontation entre des objets du quotidien (la table ou la chaise) et des objets liés au voyage (la barque). Ces installations comprennent autant des objets manufacturés que des objets fabriqués par moi-même. Puis, mon regard s’est resserré autour du paysage urbain, où, toute cette prise de notes photographiques a trouvé sa place comme base de données.

Depuis deux ans, mes œuvres et mes projets, toujours sous forme de sculpture mais aussi de dessin, se construisent plus directement autour de ces images et interrogent le devenir d’un paysage dans une vision chaotique et absurde. C’est un dialogue entre la nature et l’architecture : de tout temps l’homme a vécu dans la nature et se l’est appropriée, engendrant fatalement sa destruction. Ce phénomène dévastateur s’amplifie avec l’accroissement de la population, l’espace devient primordial et les besoins en matières premières de plus en plus grands. Mais jusqu’à quel point, pour que l’homme puisse encore trouver de quoi habiter ? Les éléments naturels reprendront-ils le dessus sur l’architecture ?

Dans mon travail, j’échantillonne des éléments tirés de la réalité sur lesquels j’opère un changement d’échelle, de matière ou de positionnement dans l’espace. Ma perception de l’environnement est un décor à transformation où la frontière entre le réel et le fictionnel y est ambiguë. Le désir étant de provoquer un sentiment d’inquiétude et d’incongruité, une tension entre plusieurs « corps » d’univers variés, une confrontation entre l’intime et l’urbain, l’organique et le statique. Comme dans les minéraux dans les villes (série de sept dessins A3), où des minéraux surdimensionnés viennent se positionner dans, sur, ou à côté de paysages urbains. Ils envahissent les villes, qui les ont envahies au préalable et qui les ré-envahiront peut-être dans un futur proche, et ainsi de suite… Les objets et les décors se répondent comme un serpent qui se mord la queue. Dans les raisins (série de dix dessins de 50x65cm), les éléments dits « d’opposition » sont moins directs. Ce sont plus des situations étranges qui s’en dégagent : c’est un immeuble recouvert au trois-quarts par du gazon, la dérive d’un iceberg-immeuble en pleine mer, ou encore un immeuble enfouit dans une roche tentaculaire. Ils rejoignent le même sentiment d’inquiétude et complètent ma recherche autour du paysage fictionnel.

Mes sculptures et mes dessins témoignent des moments où mon corps se meut entre des volumes urbains, de mes errances, physiques ou mentales, d’une attirance vers des situations et des objets ordinaires, et qui, hors contexte, deviennent « extra-ordinnaires ». C’est une cristallisation de la durée dans une quête incessante d’explorations de territoires familiers et oniriques.

Le site de Lina Jabbour
Lina Jabbour sur documentsdartistes.org
Lina Jabbour sur galerieho.com


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