En 2010, notre programmation s’articule autour de propositions d’artistes qui s’expriment de manières très graphiques, humour corrosif, grotesque et kitsch voisinent avec des productions minimales où se rencontrent des artistes permanents : Sylvie Maurice, Pip Culbert, Bill Culbert, Jean-Claude Guillaumon et de jeunes artistes émergents comme Frédéric Guinot et Karim Ghelloussi.
Décembre 2010 de la trace à la tache exposition de dessins réalisée en collaboration avec la galerie Annie Lagier de l’Isle sur Sorgue rassemblera une sélection d’artistes des 2 galeries dont le travail s’inscrit dans ce thème : Michel Barjol, Max Charvolen, Sandra D.Lecoq, Franck Lestard, Gérald Panighi, Etienne Pressager, Pascal Simonet, Jean-Luc Verna, Claude Viallat...
Vernissage le vendredi 6 août 18h30
“Nonobstant les tours et détours, comme la confiture rejoint toujours le garde-manger, tu finis toujours par y glisser un petit mot qui n’et pas de toi et qui trouble par le souvenir qu’il réveille.”
Ou, comment d’une pratique naît une poétique qui, représentée, devient objet d’exposition...
la dimension onirique en sus
Soit un programme artistique d’investissement de la sculpture compréhensible en deux mouvements. Un premier mouvement, permanent, correspondant au temps de la pratique en tant qu’elle relève de l’expérience. c’est l’élaboration dans le cadre de l’atelier, fût-il symbolique, d’un ensemble de signes, de matériaux, de gestes, aussi de postures, qui vise à l’extension constante du domaine des possibles. S’y dessinent des ébauches de méthodes qui relèvent autant de l’exercice que de l’occurrence, avec en creux la volonté de défier la résistance du médium : introduction des arts mineurs, d’un horizon non-occidental, etc. Considérant que c’est la forme qui toujours génère du sens, et non l’inverse, posons, en un second mouvement, la représentation comme mode de médiation. La sculpture, instant de la représentation, agit alors comme pause (dans le temps) et pose (dans l’espace), du flux de l’expérience, et rend ainsi possible sa médiation. C’est dire qu’elle n’est qu’un au-deçà figé, ex-posé. La sculpture Arabesque me semble correspondre le plus évidemment à cet énoncé. Soit, le déploiement dans l’espace d’une ligne figurée par les volutes d’un rocking-chair semblant s’échapper d’une cafetière ciselée. Les éléments constituants ne sont que posés, maintenus dans un équilibre précaire qui rejoue l’instant figé. L’élémentarité du dispositif fait tension avec la multiplicité des images convoquées. C’est sur cette tension que s’articule la construction mentale, au sens où la grammaire est l’articulation d’un, discours.
“C’est vrai”, m’a-t-elle répondu en hochant la tête.
En me levant je glissais un dernier regard sur les chaises au soleil. Les jeunes gens étaient allés danser et les chaises demeuraient vides sous le soleil flamboyant. Une boisson quelconque avait été répandue sur la table et lançait des reflets brillants et menaçants.
Karim Ghelloussi, Bordighera, 3 mars 2002
http://www.galerie-issert.com/