Isa BARBIER, Michel BARJOL, Martin CAMINITI, Max CHARVOLEN, Christine CROZAT, Bill CULBERT, Pip CULBERT, Nicolas DESPLATS, Jean-Claude GUILLAUMON, Lina JABBOUR, Thierry LAGALLA, Marie-France LEJEUNE, MAOUAL, Sylvie MAURICE, Anne-Marie PÉCHEUR, Jean-Yves PENNEC, Etienne PRESSAGER, Pascale ROBERT, Karine ROUGIER, Pascal SIMONET, Wanda SKONIECZNY, Christian VALVERDE
Jean-Claude Guillaumon ne connaît qu’un seul sujet : Jean-Claude Guillaumon, quelquefois accompagné de ses proches, mais le plus souvent seul. Il se photographie tous les jours et pratique volontiers la citation, comme c’est le cas dans l’oeuvre présentée. Malgré l’humour qui imprègne ces photographies, qui sont en même temps un clin d’oeil ironique à l’oeuvre du célèbre peintre anglais et un pastiche de certaines photographies de performances, on ne peut s’empêcher de frémir devant la tendance obsessionnelle et narcissique de la démarche. S’il est vrai que la majorité des grands peintres se sont volontiers livrés aux joies graves de l’autoportrait, avec le précédent considérable de Rembrandt, le choix de ce genre comme unique préoccupation soulève de manière hyperbolique toutes les questions qui peuvent en ressortir. Par exemple, le fait que la plupart du temps, on peut observer que le regard du peintre dans l’autoportrait est légèrement décalé. Ce fait s’explique aisément : pour se peindre soi-même, il faut avoir recours au miroir. Cependant, pourquoi un tel respect du sujet et de sa posture, alors qu’il est simple de rectifier la direction des yeux ? En utilisant la photo, Jean-Claude Guillaumon réactualise le problème, car il faut bien imaginer que lorsqu’on se photographie ainsi, on ne se regarde pas, et que toutes les mises au point s’effectuent sur un sujet absent.