Galerie Martagon

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Isa Barbier


Vit et travaille à Marseille et à La Figueirette

Photo : Isa Barbier "Curiosity"

Bernard Muntaner : Tu m’avais parlé de la lumière qui se découpait au sol, comme un sujet de construction, déterminé et déterminant. Isa Barbier : C’est un jeu avec le plan. J’imagine que le soleil entre à flots par les portes et fenêtres et je dessine mon plan en suivant les murs et en détourant les taches de soleil. J’allonge, je concentre, jusqu’à trouver une forme qui me surprend parce que c’est une forme qui « n’est pas » et qui est quand même dans l’espace ou « de » l’espace.

B.M. Dans tes dessins, il y a une forme en aplat, avec des angles droits, qui reprennent des lieux, des espaces physiques. Une fois que tu as circonscrit la forme, un contour, tu traces à l’intérieur des petits points faits au pinceau très fin et qui sont comme des… ?

I.B. … comme des promenades. La musique m’aide à partir, Ligetti ou Scarlatti … Cet été c’était surtout de la musique de Mongolie, je l’aime énormément. On entend les galops des petits chevaux, la musique galope, comme le cheval, et moi avec. Je me balade, je parcours les déserts, les dunes, les collines, les montagnes. C’est jubilatoire, et j’ai du mal à m’arrêter. Je m’arrête quand je suis fatiguée, quand je sens que mon point n’est plus aussi léger, que mon rythme ne suit plus. C’est vraiment un grand plaisir. Je suis d’autant plus libre, que j’évolue dans une structure qui est déjà une histoire. C’est en raison de cette structure, que je parle de paysages ou d’itinéraires intérieurs.

B.M. Les angles de la figure te commandent-ils de mettre plus de points, moins de points, l’espace participe-t-il de ton itinéraire poétique ?

I.B. Quelques fois, je pense aux passages des pas dans le lieu, ou bien aux vols d’oiseaux. De temps en temps les masses de petits points se chevauchent, s’interpénètrent ... ce sont des voyages, des traces de voyages.

B.M. C’est de l’ordre de la méditation…

I.B. Ces points évidemment … Mais quand je fais une installation : monter, descendre, mettre la perle de cire, accrocher la plume, toute cette suite de gestes répétitifs sont une méditation. Une sorte d’arrêt du temps.

in La revue Art Sud 2e trimestre 2006 n°53



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