Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.
Vernissage le jeudi 14 Août.
« Il y a un sommet, le plus haut de tous, que les montagnards nomment L’Enfant je ne saurais dire pourquoi, sinon peut-être par antiphrase, comme cela se fait parfois : car il semble être le père de tous. »
François PETRARQUE L’ascension du Mont Ventoux
Réfractés par une expérience singulière, les dessins de Michel Barjol, s’ouvrent à la sensualité des paysages. Depuis l’enfance il n’a pour ainsi dire pas quitté des yeux, un mont, le plus élevé de la région, nommé non sans raison Ventoux.
Les mouvements des corps y sont visibles car ils naissent de la volonté de l’esprit, pour se joindre à la modulation d’une ligne. La raison d’être d’une œuvre est faite, ici, au seul motif du plaisir qu’elle procure. Il y a une radicalité à œuvrer pour ce qui est immuable car l’audace d’un regard qui s’aventure dans un monde vierge est une curiosité inspirée par un afflux de liberté. Cette représentation du monde, allégorie de la jouissance contemplative, s’incarne en s’attachant au double lumineux d’une rigueur souveraine.
Dégrisé, s’avançant dans la profondeur des nuits, le chemin est un voyage pour l’homme conscient qui sait que la montagne est le site privilégié de l’épreuve. Sentiment du sublime, solitude, il s’agit de transgresser les limites en se confrontant à une réalité rugueuse qui est aussi l’aveu d’une dépossession de soi. En fixant les vertiges, comme un jour Rimbaud, il provoque un étourdissement dans la rencontre et de cette concordance, le partage. Le désir se réalise toujours dans la soif du recommencement.
Jean Claude ROURE