Galerie Martagon

Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.




Caroline Tapernoux - installations & travaux en volume / Olivier Bartoletti - installations


15 juillet - 10 septembre

Vernissage le samedi 15 juillet

Caroline Tapernoux

Ce sont les Écrits de Malevitch, dévorés pendant les années de lycée, passées en section artistique, qui vont dicter ses choix professionnels et orienter sa pratique artistique.
À la suite d’un séjour à Sheffield en Angleterre où elle commence un travail personnel de collages, elle décide de partir pour la France suivre les cours de l’École Supérieure de Design Industriel à Paris, suivant les préceptes du constructivisme russe, choix guidée par ses lectures.
Passionnée d’architecture, Caroline découvre alors le travail de l’architecte Peter Eisenman, dont elle partage les questionnements liés au processus de création.

À la fin de ses études, son activité professionnelle s’intensifie rapidement mais ne comble pas son appétit créateur.
Elle quitte Paris pour le sud de la France où vie et création vont définitivement s’associer pour s’imbriquer. C’est là qu’elle aménage son premier atelier et installe ses premiers mobiles en miroir qui évolueront vers le verre. Diffuse ou découpée, travaillée dans sa nature ou son artifice, la lumière habite son œuvre. Elle s’accorde subtilement au mouvement par son déplacement naturel ou le souffle de l’air.
La transparence deviendra son matériau de prédilection, qu’elle explore et dont elle repousse sans relâche les limites.
Du miroir au verre, du verre au film polyester, du film polyester à la résine, Caroline Tapernoux concentre, diffracte, éparpille la lumière et tableaux, mobiles ou installations font voler en éclats surfaces et espaces environnants.

Si son travail artistique est intimement lié à l’impermanence, elle façonne une constance que l’on retrouve dans chacune de ses œuvres. Elle tisse des relations subtiles entre l’immobilité et le mouvement, explore simultanément l’immense et le minuscule, elle illumine l’ombre et dévoile l’obscurité de la lumière.
En travaillant la transparence des matières elle réalise pour chacun des regards qui se portent sur ses œuvres un monde unique. Ses œuvres sont avant tout des expériences sensorielles.

Marielle Barascud.



Olivier Bartoletti

Poser l’insaisissable

Olivier Bartoletti conçoit le monde, les formes, à partir de la peinture c’est-à-dire à partir d’une disposition conceptuelle et mentale l’éloignant du littéral. Ce qui est sculpté s’origine dans ce qui est peint, les deux se confondant. Il n’y a pas d’objets chez Olivier Bartoletti, il y a la peinture qui se change et devient une construction, par exemple. Cette construction peut s’accrocher à un point de l’espace mettant en cause la gravitation, se poser sur un mur ou un sol, nous obligeant à relire le monde grâce à son organisation colorée, transparente, rythmée. « Le tube de peinture » dit très directement l’auteur « a été remplacé par le tube coloré du coton-tige » quand on sait que ces tubes, souvent ramassés à terre, sont des restes « cueillis » lors de marches exploratrices ou archéologiques, nous comprenons que l’expérience de la peinture, chez Olivier Bartoletti, est partout.
Il propose de vivre, par ses œuvres, le processus de la vision et de ses virtualités. En permanence, il fabrique notre relation au monde, une relation intense parce qu’aventureuse, incertaine donc étonnamment vivante. Chaque forme existe parce que nous y voyons une autre forme et une autre encore... Chaque forme entraîne avec elle les restes plus ou moins usés, plus ou moins calcinés d’éléments qui se réassemblent, se reconfigurent, grâce à l’acuité de la vision qui vient au secours des yeux aveugles.

Olivier Kaeppelin, 2011

Olivier Kaeppelin est directeur de la fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence (06)


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